Merci pour la parole !
Bon, alors, aujourd'hui, les objectifs.
Première chose : toutes les marques ont au moins un zoom standard (typiquement, focales équivalentes à 28-80), un télézoom (~80-300) et un superzoom (~28-300) disponible dans leur monture.
Autrement dit, choisir un appareil parce qu'il existe douze mille six cents modèles d'objectifs différents à monter dessus, c'est pas une bonne idée -- à moins que vous ayez des besoins très spécifiques, comme un ultra-grand-angle ou des focales fixes très lumineuses, on y reviendra.
Basiquement, jusque dans les années 80, on évitait les zooms : leur construction optique moins performante et leurs faibles ouvertures étaient considérées comme des handicaps majeurs. De nos jours, l'usage massif d'ordinateurs a bien simplifié les calculs, amenant une nette amélioration de la qualité optique (dans certains cas tout à fait comparable à des focales fixes courantes) ; quant à la faible ouverture, outre que l'on trouve de plus en plus de zooms «lumineux» (f/2,8 constant), elle est bien moins gênante depuis que l'on peut monter à 800, voire 1600 iso sans trop de problème. Reste le problème de la profondeur de champ : les optiques très ouvertes étaient idéales pour isoler un plan précis au milieu du flou, et elles ont quasiment disparu (sauf chez Pentax).
Pour le reste, il y a deux façons de voir opposées qui vont beaucoup jouer pour ceux qui veulent acheter au maximum d'occasion : d'un coté, des fabricants qui remettent tout à plat à chaque révolution technologique, de l'autre, les spécialistes de la rétro-compatibilité. Ceux qui veulent un ensemble parfaitement cohérent et adapté aux évolutions récentes seront plus intéressés par les premiers ; ceux qui veulent récupérer leur ancien matériel adoreront les seconds.
On notera que, aujourd'hui, tous les fabricants utilisent le système de la baïonnette (j'enfonce et je tourne pour verrouiller), ce qui n'a pas toujours été le cas : il y a eu dans l'histoire des montures à vis (la plus connue étant la M42) et des montures hybrides (j'enfonce, puis je visse une bague autour de l'objectif).
Caractéristiques de base d'un objectif
Focale(s)
Un objectif se caractérise essentiellement par son angle de champ, que l'on a hélas pris l'habitude d'assimiler à la focale à l'époque du film 24x36.
Problème : une focale identique couvre un angle plus ou moins large selon la taille du capteur. On a donc admis comme standard l'angle qu'une focale donnée couvre sur un film 24x36 ; et l'on parle d'équivalent 24x36, et de facteur de conversion, pour les capteurs dont la taille est différente.
Ainsi, un objectif 50 mm monté sur un appareil 24x36 reproduit à peu près la perspective de l'œil humain ; pour cette raison, on l'appellera «standard».
Sur un appareil à capteur 15x23 mm (comme les Pentax, Nikon et Sony), il reproduira la perspective d'un 75 mm sur un boîtier 24x36. On dira donc que ce couple objectif/boîtier a une focale équivalente de 75 mm, et que ces boîtiers ont un coefficient de focales ou un facteur de conversion de 1,5. Leur objectif standard est donc le 35 mm (équiv. 50).
Canon, lui, utilise différentes tailles de capteurs. Les plus courants (EOS 400D et 30D) ont un facteur de 1,6 : un 50 mm aura une focale équivalente de 80 mm. Mais la famille EOS 1D utilise deux tailles plus larges : 18x28 sur le Mk III (facteur 1,3, notre 50 devient un 65) et... 24x36 sur le Ds Mk II (facteur 1, notre 50... reste un 50).
Sur des boîtiers grands formats, on a des capteurs plus grands que le 24x36 de référence (jusqu'à 37x49 mm sur le Hasseblad H3D), entraînant des conversions inversées : le H3D 39 a un facteur 0,85, l'objectif standard est le 65 mm (équivalent 50 mm).
Enfin, les Olympus utilisent des capteurs plus petits (13x18 mm), entraînant un facteur 2 : leur objectif standard est le 25 mm, et un 50 mm monté sur un Olympus équivaut à un 100 mm.
On classe les objectifs selon leur focale équivalente.
En-deçà du 40 mm, on parle de grands-angles ; ces objectifs embrassent un large champ et sont donc idéaux pour les paysages.
Au-delà de 60 mm, on parle de téléobjectif et, au-delà de 300, de super-téléobjectif.
Dans les téléobjectifs, on notera des focales très utilisées, entre 60 et 110 mm environ, pour le portrait : leur grossissement et leur profondeur de champ (courage, j'y reviendrai) permettent de bien isoler une tête, tout en n'obligeant pas à trop reculer. On appelle donc ces petits téléobjectifs «focales à portrait».
Avec la généralisation des zooms, la classification est devenue :
-- zoom grand-angle, dont la focale équivalente ne dépasse pas 50 mm ;
-- télézoom, dont la focale équivalente ne descend pas sous 50 mm ;
-- zoom standard, qui va d'un grand-angle modéré (typiquement 27 ou 28 mm) à une focale à portrait ;
-- superzooms, dont le rapport focale maximale/focale minimale est supérieur à 8, qui vont généralement d'un grand-angle modéré (27-28 mm) à la limite des super-télés (environ 300 mm) ou d'un standard (45 mm) à un gros télé (environ 450). Notons dans cette catégorie l'exception Sigma 50-500, qui «attaque» déjà long pour un portrait (75 mm équiv.) et monte dans le super-télé pur (750 mm, bon sang !).
La plupart des appareils actuels sont vendus avec un zoom standard et, éventuellement, un télézoom.
Ouverture et profondeur de champ
L'ouverture d'un objectif est le diamètre du diaphragme, qui permet de faire rentrer plus ou moins de lumière (sauf sur les objectifs à miroir, plutôt rares heureusement). Mais de manière générale, on s'est rendu compte qu'un 200 mm avec une ouverture de 20 mm et un 50 mm avec une ouverture de 5 mm donnaient des images sensiblement de même luminosité ; on a donc pris l'habitude de noter l'ouverture relative à la focale (f/10 dans nos exemples).
Le couple ouverture/focale détermine également une notion très importante, notamment en portrait : la profondeur de champ.
Il y a un plan parfaitement net, situé à la distance de mise au point (par exemple, si je mets au point à trois mètres, tout ce qui est situé à trois mètres sera net, tout ce qui sera plus près ou plus loin sera plus ou moins flou).
Mais il y a une zone où la netteté est acceptable, un peu plus près et un peu plus loin (ainsi, si je photographie votre œil à trois mètres, il y a de grandes chance pour que votre nez, à 298 cm, et votre oreille, à 302 cm, paraissent également nets). L'étendue de cette zone, c'est ce que l'on appelle la profondeur de champ.
La règle est : quand on ferme (on augmente le nombre f/), la profondeur de champ augmente.
Ainsi, si j'utilise un 35 mm pour photographier un paysage et que je ferme à f/32 en faisant la mise au point sur l'infini, je vais avoir une très grande profondeur de champ, qui s'étendra de l'infini jusqu'à très près de moi (environ deux mètres en l'occurrence). Mais si, avec le même 35 mm et en gardant la mise au point à l'infini, j'ouvre à f/2,8, tout ce qui est à moins de vingt mètres de moi sera flou.
Les deux cas où l'on joue beaucoup sur la profondeur de champ, c'est le paysage (on veut que tout soit net, du premier plan à l'horizon) et le portrait (on veut que le sujet soit net, et qu'il se détache sur un fond flou) ; dans le premier cas, on va utiliser des ouvertures très faibles (f/22 ou plus), dans le second, des ouvertures très larges (f/2,8 ou moins si possible).
Mais l'ouverture sert aussi à doser la quantité de lumière qui entre dans l'objectif. On va donc, pour les photos en soirée par exemple, chercher des objectifs «lumineux» -- comprendre : avec une ouverture large.
Traditionnellement, on était limité par la qualité des films qui ne permettait guère de dépasser des sensibilités de 400 iso en noir et blanc ou 200 en couleurs. On cherchait donc souvent des objectifs très lumineux, quitte à perdre en profondeur de champ (les reporters ont toujours eu un dilemme sur ce sujet).
Ainsi, pour la focale fixe de 50 mm (standard pour le 24x36), un objectif ouvrait généralement à f/2,8, et il devait ouvrir à f/1,8 ou f/1,4 pour être considéré comme lumineux.
Aujourd'hui, avec la qualité d'image des capteurs qui permet de monter à 800 iso sans arrière-pensée (voire 1600 sur les K100D ou D40 par exemple), le problème de l'ouverture est plus une question de profondeur de champ que de luminosité. La plupart des gens trouvant les zooms plus pratique, et comme il est difficile de faire un zoom à grande ouverture, on commence à considérer comme très lumineux un objectif ouvert à f/2,8 (comme le Sigma 18-50 f/2,8), le standard en la matière tournant plutôt vers f/4 (les superzooms n'ouvrent généralement pas au-delà de f/6,5, ce qui aurait fait grincer des dents à nombre de nos ancêtres).
Reste qu'un 50 mm f/1,4 reste un très bon choix pour le portrait intimiste, quand la lumière manque un peu...
La plupart des zooms ont par ailleurs une ouverture glissante, c'est-à-dire qu'ils ouvrent moins en téléobjectif qu'en grand-angle. C'est le cas du Sigma 17-70 f/2,8-4,5 : notez que l'on donne les ouvertures maximales atteintes en grand-angle (17 mm f/2,8), puis en télé (70 mm f/4,5). (On ne donne que rarement l'ouverture minimale, qui n'intéresse pas la plupart des gens : rares sont ceux qui ont vraiment besoin d'une très grand profondeur de champ.)
Les ouvertures sont standardisées selon des valeurs établies :
1,4
2
2,8
4
5,6
8
11
16
22
et ainsi de suite. D'une valeur à l'autre, on perd une EV (il rentre deux fois moins de lumière dans l'objectif).
Défauts à connaître : un peu de vocabulaire
Vignetage
Le vignetage est lié à la notion de cercle d'image.
Un objectif a un diamètre limité. Si on le place face à une source de lumière importante, il va créer une image circulaire, plus ou moins large selon son diamètre interne ; en s'éloignant du bord, la lumière baissera jusqu'au noir complet (plus aucun rayon passant par l'objectif n'arrive à l'endroit voulu). Cet assombrissement progressif des bords est appelé vignetage ; il existe sur tous les objectifs, dans des proportions variables. On compte le vignetage en EV (Exposure Value : un vignetage d'1 EV signifie que l'angle le moins éclairé de l'image reçoit moitié moins de lumière que le centre). Il est généralement invisible lorsqu'inférieur à 1/3 EV, devient nettement visible vers 2/3 et franchement gênant au-delà d'une EV.
Le vignetage est un problème typique des grands-angles et des optiques spécialement créées pour le numérique à petit capteur, mais il existe en fait dans tous les objectifs.
Aberrations
Les aberrations sont tous les défauts qui font que l'image (au sens optique du terme) n'a pas les qualtiés du sujet.
Les plus courantes sont les aberrations chromatiques (des franges colorées qui apparaissent autour de lignes contrastées) et les aberrations de sphéricité (l'image d'un point n'est pas parfaitement ponctuelle, induisant un léger flou de l'image).
Flare
Le flare est un reflet (ou une série de reflets) parasite qui peut se produire lorsqu'une lumière violente éclaire la lentille frontale de l'objectif. Les rayons lumineux partent un peu dans tous les sens à l'intérieur de l'objectif, provoquant soit une pâleur généralisée de l'image, soit des cercles plus ou moins colorés et alignés dans l'image.
On peut parfois se servir du flare pour donner un effet particulier, mais la plupart du temps, on déteste ce phénomène difficile à parer (notamment sur les grands-angles, où l'on ne peut pas monter de pare-soleil suffisamment long).
Technologies spéciales
Les fabricants d'objectifs ont pondu tout un tas de techniques barbares pour améliorer les performances de leurs «cailloux». On va donc commencer par là.
Motorisation ultrasonique
La motorisation ultrasonique utilise, au lieu d'un moteur classique qui fait tourner un axe, des vibrations d'éléments piézo-électriques. Si vous n'y comprenez rien, c'est pas grave : retenez que cela permet une mise au point plus rapide et plus silencieuse, et qu'il est possible de bloquer la bague de mise au point avec les doigts sans endommager le moteur.
Verres à faible dispersion
Le verre a plein de propriétés intéressantes en photo, la principale étant sa capacité, lorsqu'on lui donne une forme, à dévier les rayons lumineux. C'est le seul moyen qu'on connaisse pour faire une image.
Il a aussi une caractéristique plutôt gênante : les ondes ne sont pas toutes déviées de la même façon. Il y a même une différence assez nette en fonction de la longueur d'onde : une onde rouge sera plus ou moins déviée qu'une onde violette -- ce qui provoque, sur une photo avec un sujet très contrasté, l'apparition de bordures rouges ou violettes.
On a donc inventé les verres à faible dispersion. Par l'incorporation de terres rares (et ce qui est rare et cher, n'est-ce pas) dans le verre, on arrive à recaler les ondes pour que rouge, vert et violet suivent la même route, éliminant les franges colorées.
Cette technologie étant particulièrement coûteuse, on se contente en général de limiter la dispersion en incorporant des terres rares uniquement dans les lentilles les plus sujettes au phénomène.
Verres asphériques
On a très longtemps utilisé des verres sphériques : chaque face de chaque lentille était une section de sphère. Le problème, c'est que, en fait, une sphère ne dévie pas tous les rayons parfaitement vers le même point : les rayons du bord de la lentille sont donc un poil plus déviés que ceux du centre, résultant en une aberration de focalisation (les rayons provenant d'un même point ne forment pas une image parfaitement ponctuelle).
L'apparition des ordinateurs a permis de calculer et de corriger l'aberration sphérique en modifiant la forme des verres. Ça coûte plus cher à calculer et à construire, donc on n'utilise en général qu'une ou deux lentilles asphériques dans un objectif (voire encore assez régulièrement zéro) ; il reste donc une légère aberration sphérique, l'idée étant qu'elle doit être plus petite qu'un pixel de votre capteur.
Optimisé pour le numérique
L'«optimisation» pour le numérique peut recouvrir deux choses.
Premièrement, on plaque un traitement anti-reflets sur les dernières lentilles de l'objectif. Le film absorbait toute la lumière qui passait ; un capteur (CCD ou CMOS), lui, en renvoie une bonne partie. Dans certaines conditions, la lumière renvoyée venait se reflétait sur la lentille arrière de l'objectif et revenait sur le capteur, entraînant un flou analogue au «flare». Le traitement anti-reflet n'est pas très coûteux et assez facile à faire, donc la plupart des fabricants s'y sont mis même sur des objectifs prioritairement destinés à l'argentique.
Deuxièmement, la plupart des capteurs numériques sont plus petits que le classique film 24x36. Du coup, on peut construire des objectifs plus petits, plus légers, qui forment un cercle d'image plus petit, adapté au 15x23 d'un capteur APS-C par exemple. En fait d'optimisation, c'est surtout une construction à l'économie qui augmente le vignetage.
Stabilisateur d'image
Système de lentilles mobiles, pilotées par une mini-centrale inertielle, qui se déplacent pour contrecarrer les mouvements du photographe. Les fabricants qui n'avaient pas cette technologie (Pentax, Minolta, Olympus) ont généralement intégré un système de principe identique dans le boîtier (déplacement du capteur) ; c'est donc surtout Canon et Nikon, qui ont bossé sur cette idée dès l'époque argentique, qui utilisent la stabilisation par l'objectif.
Attention, contrairement à ce que vous disent les marketeurs, cela ne lutte que contre une source de bougé : le photographe. Les mouvements du sujet sont, eux, toujours présents. La stabilisation optique n'est donc intéressante que lorsque les mouvements du photographe prennent le pas sur les mouvements du sujet -- typiquement, avec des gros téléobjectifs.
Mise au point interne
Désigne certains objectifs dont les lentilles de mise au point sont intégrées au milieu de la formule optique (et non, classiquement, au bout de l'objectif). Ces objectifs ont généralement une longueur constance quelle que soit la mise au point, et systématiquement une lentille frontale et un pas de vis fixes, permettant facilement d'utiliser des filtres pour lesquels l'orientation est importante (polarisants notamment).
Macro
Ce n'est pas à proprement parler une technologie spéciale. Le terme «macro» désigne strico sensu les objectifs dont le rapport de reproduction atteint 1, capables de produire une image au moins aussi grande que le sujet initial (si vous photographiez une mouche de 15 mm, l'image fera au moins 15 mm). En pratique, beaucoup de fabricants parlent d'objectifs macro pour des rapports de reproduction de 2, voire 3 (l'image de la mouche projetée sur le capteur fait alors 7,5, voire 5 mm).
Ceci étant, ces objectifs permettent de photographier de très près et de choper plein de détails -- enfin, en principe.
Gammes optiques et montures
Canon
Canon a changé de monture en 1987, avec la création de l'auto-focus. La nouvelle monture, baptisée EF, est incompatible avec les précédentes -- même si l'on peut trouver ici ou là des bagues permettant notamment de monter du M42 sur un boîtier EOS.
D'où ce paradoxe amusant : il existe chez Canon quelques objectifs à mise au point manuelle, avec une monture spécialement conçue pour l'auto-focus.
Avec l'EOS 300D, premier reflex numérique amateur, Canon a introduit une variante : EF-S. Celle-ci est mécaniquement compatible avec la monture EF, mais :
-- elle est étudiée pour les reflex à petit capteur (les objectifs sont souvent plus petits, plus légers, et «vignettent» plus) ;
-- l'objectif s'enfonce plus dans la baïonnette.
Le second point interdit totalement l'usage d'objectifs EF-S sur des appareils à grands capteurs ou sur des EOS argentiques : le grand miroir, en se relevant, viendrait percuter l'arrière de l'objectif. Dans l'autre sens (objectif EF sur boîtier EF-S), en revanche, tout va bien.
La gamme EF/EF-S est sans doute la plus étendue à l'heure actuelle : il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses, du 18-55 livré en kit avec l'EOS 400D (beurk) aux superbes séries L (pour luxe), reconnaissables à leur liseré rouge et vendues à prix d'or.
Canon ayant dès le départ fait le choix de mettre le moteur de mise au point dans l'objectif (se reposant donc entièrement sur l'électronique, ben tiens, c'est pas pour rien qu'ils étaient électroniciens quasiment avant d'être photographes), elle a pu très facilement intégrer des objectifs à motorisation ultrasonique, sans modifier sa monture.
Abréviations courantes :
USM (ultra-sonic motor) : motorisation ultrasonique
L (luxe) : désigne les objectifs professionnels de qualité supérieure
IS (image stabilizer) : stabilisateur d'image
DO (diffractive optics) : verres à faible dispersion
UD (ultra-low dispersion) : encore plus faible dispersion
Les objectifs EF peuvent être montés sur tous les boîtiers EOS, les EF-S sont réservés aux EOS 300D, 350D, 400D, 20D et 30D.
Canon a la mauvaise habitude de changer régulièrement des détails des spécifications du dialogue objectif-boîtier ; il peut donc arriver ponctuellement que des objectifs fonctionnant parfaitement sur un appareil ne fonctionnent plus sur un récent. Mon père avait ainsi eu un 28-300 Sigma qui donnait entière satisfaction sur un EOS 5000N, mais qui ne fonctionnait qu'à pleine ouverture sur son EOS 300D.
Dans cette gamme, un objectif à éviter absolument : le EF-S 18-55 f/3.5-5.6.
Pas de bol, c'est celui qui est livré avec la plupart des Canon.
Nikon/Nikkor
Nikon a été l'un des premiers fabricants à utiliser un système à baïonnette. Celle-ci, appelée F, a toujours été reconduite jusqu'à aujourd'hui ; on y a juste, au fil du temps, rajouté des mécanismes de contrôle de l'ouverture et de la mise au point, puis des contacts de dialogue avec les objectifs équipés d'électronique.
La gamme optique est également très large et complète et, comme chez Canon, de qualité extrêmement variable.
Abréviations :
IF (internal focus) : mise au point interne
SWM : motorisation ultrasonique
DX : objectif conçu pour un petit capteur
ED (extra-low dispersion) : verres à faible dispersion
PC (rare) : objectifs à décentrement et bascule, utilisés essentiellement en paysage et en architecture
VR (vibration reduction) : stabilisateur d'image
Du fait de la conservation de la baïonnette F, les boîtiers Nikon sont de manière générale compatibles avec toutes les optiques F, depuis les années 60.
En pratique, seuls les objectifs AF (autofocus) permettent la mise au point automatique, et avec certains vieux objectifs, on perd la mesure de lumière.
Attention, les D40 et D40x n'ont pas de moteur d'auto-focus ; seuls les objectifs AF-I et AF-S (motorisation interne) sont donc pleinement compatibles, les AF classiques devront être utilisés en mise au point manuelle.
Nikon est actuellement le seul constructeur (on attend Sigma) à proposer un superzoom stabilisé, le AF-S 18-200 f/3.5-5.6 ED-IF DX VR.
Petit exercice : vous prenez le si poétique nom de baptême de ce joujou et vous nous donnez ses caractéristiques techniques.
Spoiler :
objectif AF, motorisation interne classique, superzoom de 18 à 200 mm, ouverture maxi f/3,5 à 18mm et F:5,6 à 200 mm, équipé d'un verre à faible dispersion, d'une mise au point interne et d'un stabilisateur optique, réservé aux capteurs petit format. |
Sony
Sony n'ayant pas la technologie pour concevoir des reflex, il a préféré racheter une marque historique en passe de déposer son bilan, Minolta. Le «système Alpha» de Sony est donc ni plus ni moins que le «système Dynax» de Minolta.
La plupart des objectifs Minolta sont encore produits sous la marque Sony. La monture actuelle (Minolta A) existe depuis la fin des années 80 : comme Canon, Minolta a changé de baïonnette pour passer à l'auto-focus. Cependant, le moteur de mise au point était intégré au boîtier, ce qui a nécessité une évolution pour l'intégration d'un parc optique à motorisation ultrasonique.
Abréviations :
AD (anomalous dispersion) : verre à faible dispersion
DMF (direct manual focus) : objectif à mise au point manuelle
DT : objectif pour petit capteur
SSM (supersonic motor) : motorisation ultrasonique
MC/MD : ancienne monture Minolta, à mise au point manuelle (les objectifs MD permettaient le contrôle de l'ouverture par le boîtier, les MC n'étaient utilisables qu'en priorité ouverture). Il existe des adaptateurs pour monter des objectifs MC/MD sur des boîtiers à baïonnette A ou Alpha.
Le parc optique est nettement plus limité que chez Canon ou Nikon, mais reste tout à fait correct. Les anciennes optiques Minolta étaient parfois de vrais bijoux qui méritent qu'on s'y attarde.
Notons que l'Alpha 100, comme les Dynax 5D et 7D avant lui, est livré avec un 18-70 (équiv. 27-105) au lieu de l'équivalent 28-80 de la concurrence, donc est un peu plus pratique pour le portrait. Le double kit ordinaire est donc 18-70 + 70-300, offrant une plage de focales intéressante pour ceux qui auront besoin régulièrement d'un téléobjectif important (photo sportive ou animalière notamment).
Pentax
Comme Nikon, Pentax a su faire évoluer par petites touches une monture prévue à l'origine pour des boîtiers sans auto-focus et fonctionnant en priorité ouverture. La baïonnette K est donc en service depuis 1976. Petite particularité : si elle n'a jamais connu le succès extraordinaire de la monture M42, la K a tout de même été utilisée par d'autres fabricants que Pentax, devenant au début des années 80 une sorte de «standard de fait» pour les fabricants à diffusion confidentielle. La K est donc probablement la monture dans laquelle on trouve le plus d'objectifs bizarres et variés, de marques aussi méconnues que Cosina ou Contax.
Abréviations :
SMC (super multi-coated) : objectifs dont les lentilles sont recouvertes de traitements particuliers améliorant la qualité de l'image... Notons que cette abréviation, lancée dans les années 70, perdure alors qu'il y a bien longtemps que ces traitements sont appliqués à tous les objectifs ; SMC est donc quasiment devenu synonyme de «objectif Pentax».
M : objectifs compacts et légers, prévus pour les boîtiers ME et suivants. Mise au point manuelle et utilisation en mode manuel obligatoire.
A (auto-aperture) : objectifs à ouverture automatique (le boîtier contrôle l'ouverture), mise au point manuelle
FA (fully automatic) : objectifs auto-focus
DA : objectifs optimisés numérique, limités aux petits capteurs
SMD (supersonic drive motor) : motorisation ultrasonique
IF : mise au point interne
ED : verres à faible dispersion
* : objectifs de très haute qualité (équivalent à la série L de Canon)
Le parc optique est relativement restreint (la plupart des pentaxistes se fournissent en objectifs chez Sigma ou Tamron). Le 18-55 livré en kit est plutôt moins mauvais que ses concurrents Canon ou Nikon et, pour le coté pratique, est IF (mise au point interne), ce qui permet d'utiliser facilement un filtre polarisant.
La spécialité optique de Pentax, c'est les objectifs de très haute qualité ultra-compacts (souvent surnommés «pancakes», crêpes). C'est également le seul constructeur actuel à proposer une gamme complète de focales fixes sans les réserver aux professionnels.
Olympus/Zuiko
Olympus n'ayant jamais fait de boîtier argentique auto-focus (en fait, les OM-4 vendus jusqu'en 2002 ne proposaient même pas de programme d'exposition : seul le mode priorité ouverture était diponible !), ils ont profité du passage au numérique pour tout reprendre à zéro.
Avec l'aide de Kodak, elle a donc créé un standard ouvert (que n'importe qui pourrait donc utiliser), appelé 4/3 (Four thirds, abrégé FT, en anglais). Ce standard repose sur un capteur plus petit que celui communément utilisé (13x17 mm au lieu de 15x23), qui permet de concevoir du matériel plus compact. Il offre une cohérence remarquable, étant conçu dès l'origine pour les dernières technologies (flash TTL, mesure de la distance sujet-appareil, etc.).
Abréviations :
très peu, un objectifs 4/3 étant de toute façon auto-focus, à ouverture automatique etc...
ED : verre à faible dispersion
La gamme optique est complète, récente (ben tiens) et de bonne qualité, y compris le 14-45 (équiv. 28-90) des kits. En contrepartie, les matériels du système 4/3 sont plutôt coûteux par rapport aux autres marques.
Sigma
Sigma est un cas particulier : c'est le seul constructeur qui, bien que disposant de sa propre monture (utilisée, il est vrai, uniquement sur le Sigma SD-14, reflex un peu particulier), fabrique la plupart de ses objectifs pour d'autres marques.
Il convient donc, quand on cherche un objectif pour son boîtier, de ne pas oublier de jeter un œil à la gamme Sigma (et à celle de Tamron aussi) ; et, quand on trouve le Sigma de ses rêves, de s'assurer qu'il est disponible dans la monture voulue.
De manière générale, les objectifs Sigma sont disponibles pour Canon et Nikon. Les objectifs sans stabilisation sont aussi souvent disponibles pour Pentax, Sony/Minolta, Sigma et Olympus.
Abréviations :
APO (apochromatique) : verres à faibles dispersion
SLD (super low dispersion) : pareil mais mieux
ASP (asphérique) : correction des aberrations de sphéricité
DG : objectif compatible 24x36 mais optimisé pour le numérique (traitement des lentilles postérieures)
DC : objectif réservé aux petits capteurs
DL (deluxe) : entrée de gamme
EX (excellence) : objectifs haut de gamme (équivalent de la série L chez Canon ou des * chez Pentax)
IF (inner focus) : mise au point interne
OS (optical stabilizer) : stabilisation optique
HSM (hypersonic moto) : motorisation ultrasonique
Sigma fait deux beaux zooms standards très appréciés, le 17-70 f/2.8-4.5 DC Macro et le 18-50 f/2.8 DC EX.
Tamron
Tamron ne fait que des objectifs, la plupart disponibles en monture Canon, Nikon, Pentax, Sony/Minolta et Olympus. Peu de bêtes de concours chez Tamron, mais souvent un excellent rapport qualité/prix.
Abréviations :
AD (anomalous dispersion) : verres à faible dispersion
LD (low dispersion) : idem mais moins bien
Asph : correction des aberrations de sphéricité
Di (digital) : objectif compatible 24x36 mais optimisé pour le numérique (traitement des lentilles postérieures)
Di-II : objectif réservé aux petits capteurs
IRF (internal rear focus) : mise au point interne
XR (extra refractive) : série pro (idem Sigma EX)
Les ancêtres
Notons que certains fabricants ont su garder une excellente rétro-compatibilité. Alors, est-ce que ça vaut le coup de garder des vieux cailloux ?
Certains objectifs s'en sortent très mal en numérique (en particulier les grands angles, les rayons formant l'image selon des angles très variables que les capteurs n'aiment pas), mais d'autres (notamment les téléobjectifs haut de gamme) s'en sortent encore très convenablement. De manière générale, il faut essayer pour savoir.
Il y eut, avant la généralisation des baïonnettes, un grand standard que presque tous les constructeurs utilisaient : le M42. C'était une monture à vis. Aujourd'hui, de nombreuses bagues d'adaptation existent pour monter ces objectifs sur des boîtiers modernes, en particulier pour Canon, Nikon, Sony/Minolta et Pentax (Pentax livrait ses premiers boîtiers K avec un adaptateur M42). La gamme optique M42 est large et variée, y compris en qualité.
Dans le même temps, Tamron utilisait sa propre monture à vis, baptisée T2. La gamme est plus restreinte pour les objectifs photo, mais la T2 est encore couramment utilisée en téléscopie ; des bagues existent donc pour monter votre appareil sur un téléscope (en tout cas pour Canon, Sony/Minolta, Pentax, Olympus), que l'on peut également utiliser pour les rares objectifs T2.
Dans ces deux cas, les boîtiers modernes ont tendance à perdre la mesure automatique de lumière (c'est sûr pour les Pentax, j'ai entendu dire la même chose pour les Nikon). Ces montures ne permettent pas le contrôle de l'ouverture par le boîtier (donc, priorité ouverture dans le meilleur des cas) ni, bien sûr, l'autofocus.
À vérifier aussi, certaines bagues d'adaptation M42 font perdre la mise au point à l'infini.
À la naissance des baïonnettes, Tamron (encore !) a lancé son propre système «universel», l'Adaptall. Les objectifs étaient ainsi les mêmes quel que soit le boîtier, et une bague d'adaptation permettait de les monter sur n'importe quel boîtier.
Ce système a eu un certain succès, puisqu'il avait l'avantage de permettre le contrôle de l'ouverture par le boîtier (et, donc, l'utilisation des modes programmes récemment apparus sur les Canon AE-1 et Minolta X700).
Des bagues Adaptall existent pour Canon, Nikon et Pentax, au moins.
Pour finir sur une note amusante, remarquons juste que les objectifs Pentax A ont quasiment doublé de valeur depuis la sortie des K1x0D et continuent à augmenter depuis l'arrivée du K10D, preuve que tout le monde ne pense pas ces cailloux définitivement inutilisables...
Un SMC-A 50mm f/1,4 coûtait 30 € l'été dernier, vous n'en trouverez pas à moins de 70 € aujourd'hui.
Message édité par herisson26 le 29-05-2007 à 17:54:21
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Pentax K10D - Tamron 70-300 - Sigma 17-70 - Pentax A 50 f/1,7 - Sigma EF 530 DG Super