cocagne a écrit :
le monde de l'électronique et de l'informatique nous a habitué à des baisse des tarifs assez vertigineuses avec à la clef des prestations supérieures autant le monde le la photo reflex parait savoir se maintenir dans des gammes de prix assez stables.
|
C'est pas faux. Il faut voir qu'un reflex, c'est finalement assez peu d'électronique dont le prix baisse, c'est surtout beaucoup de mécanique. Et dans le domaine mécanique, le principe du reflex moderne (à objectif unique, amovible, et miroir mobile, avec visée redressée par pentaprisme) n'a pas bougé depuis les années 50. On a rajouté des trucs ici et là, on a tout motorisé, mais même en comptant les dernières innovations, le reflex proprement dit n'a pas bougé depuis l'arrivée de l'autofocus et des motorisations ultrasoniques à la fin des années 80.
Sur toute cette partie-là, les coûts de fabrication n'évoluent donc quasiment pas. Faire un beau viseur, soigner les assemblages pour assurer la résistance aux intempéries, utiliser des pièces renforcées pour supporter quelques centaines de milliers de déclenchements, tout ça coûtait cher et justifiait l'écart de prix entre un F801 et un F6, ça continue à coûter cher et à justifier l'écart entre un K-m et un K-7.
Un reflex moderne, c'est jamais qu'un reflex des années 90 avec un capteur à la place de la pellicule.
Sur la partie électronique, en revanche, on a bien vu la baisse de prix : de plusieurs dizaines de milliers d'euros à leur apparition, les prix ont fondu. Sur un EOS D30, lancé à 3000 $ en 2000 et considéré comme extraordinairement abordable, on avait un boîtier d'entrée de gamme (viseur x0,88, obturateur au 1/4000, AF 3 points) qui devait coûter (au pif) dans les 500 $ et de l'électronique (lymphatique malgré seulement 3 Mpx) qui expliquer les 2500 $ qui restent ; aujourd'hui, ses descendants sont largement supérieurs dans tous les domaines, à commencer par la construction, le coût du boîtier d'un EOS 50D doit toujours être dans les 500 $ mais l'électronique n'est plus aussi chère et l'appareil se vend sous les 1000 $.
(Valeurs données pour exemple, je suis pas dans le secret des coûts de production chez Canon.)
cocagne a écrit :
comment expliquer par exemple que le marché des objectifs restent si fermé ?
|
La remarque sur les appareils qui n'ont pas changé depuis 50 ans est encore plus vraie pour les objectifs. Les formules optiques utilisées actuellement dérivent directement d'inventions des années 30 (standards et téléobjectifs) à 60 (zooms et grands-angles rétrofocus, deux spécialités Angénieux). Je suis prêt à parier que le coût de fabrication d'un objectif moyen de gamme comme le 17-55 chez Tamron est à 10% près le même que celui du 28-80 mm qui jouait son rôle il y a vingt ans.
Du coup, aucun autre constructeur ne va se lancer sur ce marché. Les investissements initiaux sont énormes, certaines formules optiques fondamentales sont toujours sous brevet, et la possibilité de prendre des parts de marché aux gros opticiens est minime du fait que eux font évoluer par petites touches des choses qu'ils maîtrisent, après avoir amorti les investissements initiaux sur des décennies.
---------------
Pentax K10D - Tamron 70-300 - Sigma 17-70 - Pentax A 50 f/1,7 - Sigma EF 530 DG Super