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Revue de gamme : Sigma

 
n°18790
LesNumeriq​ues
Posté le 21-12-2007 à 10:11:50  profilanswer
 

http://www.lesnumeriques.com/news/4157.jpg

 

Sigma est une entreprise plutôt jeune à l'échelle de la photographie : elle a été fondée en 1961.
 
 Essentiellement connue pour ses objectifs, rapidement déclinés en plusieurs montures (M42, Pentax K, Minolta MC...), elle est aujourd'hui le plus gros fournisseur d'objectifs dits «compatibles» (construits par quelqu'un d'autre que le fabricant du boîtier sur lequel on les monte), avec des gammes complètes disponibles en monture Canon EF et EF-S, Nikon F (avec couplages ouverture et autofocus), Pentax KAF, Sony Alpha (ex-Minolta A) et 4/3 (système utilisé par Olympus et Panasonic).
 
 Notons cependant que, Canon ne documentant pas le détail des protocoles de communication de la monture EF, il arrive ponctuellement que certains objectifs Sigma subissent des restrictions d'utilisation sur certains appareils Canon. Cela reste heureusement rarissime.
 
 On trouve toutes sortes d'objectifs, caractérisés par un rapport qualité-prix souvent intéressant... soit par la qualité pour un prix raisonnable (cas des très appréciés 17-70 mm f/2,8-4,5 et 18-50 f/2,8), soit par un prix vraiment doux pour une qualité perfectible (cas du 70-300 f/4-5,6 notamment).
 
 Dans les années 90, Sigma s'est également lancée dans la fabrication d'appareils photo reflex. La bonne idée aurait alors été d'utiliser une monture connue, comme la Pentax KAF, la Nikon F ou la Minolta A, mais Sigma a préféré créer sa propre baïonnette, baptisée SA.
 
 Vus les volumes de vente limités des appareils Sigma, on ne s'étonnera pas qu'aucun autre fabricant n'ait jugé utile de proposer des objectifs pour cette monture. Celle-ci n'a donc jamais décollé.
 
 Actuellement, Sigma produit en tout et pour tout un seul et unique appareil, le reflex SD14. Elle nous promet également depuis plus d'un an le compact le plus attendu des experts, le DP1, qui aurait (aura ?) la particularité d'utiliser le même capteur que le SD14.
 
 Notons qu'en-dehors des objectifs, Sigma fabrique également des flashes, qui sont des alternatives efficaces et abordables aux flashes des constructeurs d'appareils. Il en existe là aussi pour la plupart des grands fabricants, compatibles avec les automatismes de réglage (champ, puissance...) offerts par les boîtiers modernes. Notons que Sigma ne fait pas de flashes pour le système 4/3 et que son flash annulaire pour la macro n'est pas disponible non plus pour Pentax et Sony.
 
 
 
               
             Sigma SD14
             http://www.lesnumeriques.com/images/image-up/sigma-sd14.jpg
             
                           Il y a cinq ans, Sigma annonçait une révolution en présentant le SD9, le premier appareil équipé d'un capteur tri-couche. Dans celui-ci, fabriqué par la firme Foveon, on trouve trois couches de photosites (en quelques sortes, trois capteurs superposés) noyés dans une épaisseur de silicone. Le silicone ayant la propriété de filtrer les rayons lumineux selon leur longueur d'onde, la première couche capte les rayons bleus, la seconde capture les verts et la troisième reçoit les rouges.
             
             On reconnaît là la structure classique des films photographiques couleur. On perçoit également l'intérêt de cette structure :
             -- d'une part, toute la surface du capteur reçoit toutes les longueurs d'ondes (sur un capteur classique à matrice de Bayer, un quart du capteur est sensible au bleu, un quart au rouge et la moitié au vert) ; en capturant ainsi plus de lumière, on augmente la sensibilité théorique du capteur ;
             -- d'autre part, on n'a plus les phénomènes dus au dématriçage des capteurs de Bayer (l'interprétation de trois couleurs captées à des endroits différents pour faire un point unique) ; on peut donc supprimer le filtre passe-bas sans pour autant souffrir de la plaie des capteurs normaux, le moiré (artéfacts colorés sur des petits détails).
             
             En pratique, la structure en profondeur du capteur filtre beaucoup de lumière, et la sensibilité des Foveon n'a jamais été tellement meilleure que celle des capteurs normaux. En revanche, la résistance au moiré et la résolution réelle ont effectivement révolutionné le monde de l'image.
             
             Aujourd'hui, avec le SD14, Sigma propose la troisième génération de reflex à capteur Foveon. On peut cependant se demander si ce n'est pas le chant du cygne : avec ses 4,6 mégapixels (trois fois 4,6 millions de photosites), le SD14 est à la traîne. Malgré son avantage très net en résolution effective, ses photos ont plus la précision d'un bon 8 Mpx que des 12 Mpx qui sont en train de devenir le standard des reflex experts.
             
             Reste la résistance au moiré, mais ici, ce sont les progrès stupéfiants des algorithmes de dématriçage qui font mal : les reflex actuels n'y sont quasiment plus sensibles, l'interprétation des données prenant de mieux en mieux en compte l'élimination de ce phénomène.
             
             Alors, hormis les avantages du capteur, qui ne sont plus aussi évidents qu'il y a cinq ans, le SD14 est-il un appareil convaincant ?
             
             La première chose que l'on remarque lorsqu'on le prend en mains, c'est l'ergonomie plutôt inhabituelle. Le SD14 ne dispose que d'une seule molette de réglage, et celle-ci est située autour du déclencheur ; on ne sait donc jamais bien comment la prendre. Le viseur est dans la moyenne basse des appareils amateurs (intermédiaire entre un D40 et un D80, disons). On ne trouve aucun mode en-dehors des classiques PASM : aucun mode scène, aucune gestion particulière de la sensibilité...
             
             Enfin, le SD14 est plutôt lymphatique et ne sera en aucun cas un appareil de reportage sportif.
             
             Au final, ce boîtier n'est donc pas extrêmement convaincant, à moins de l'utiliser pour des applications très particulières : son seul avantage, le capteur Foveon, n'est plus aussi décisif que par le passé et seuls ceux qui ont vraiment besoin de capturer des très fins détails sans aucun risque de moiré y trouveront leur compte.
             
             > La présentation du capteur sur le site de Foveon (en anglais)          
       

 


News parue sur Les Numériques

mood
Publicité
Posté le 21-12-2007 à 10:11:50  profilanswer
 

n°30050
denrage200​3
Posté le 24-05-2008 à 23:58:26  profilanswer
 

J'attends une comparaison du SD14 dans le face-a-face pour me faire une idée plus précise. La critique me semble un peu rapide.
 
En effet, l'argument: "En pratique, la structure en profondeur du capteur filtre beaucoup de lumière, et la sensibilité des Foveon n'a jamais été tellement meilleure que celle des capteurs normaux." mérite d'être étoffé. En effet, quand on absorbe que le rouge, on laisse la lumière verte et bleu intacte, et ainsi de suite. Donc je ne trouve pas cet argument convaincant: la première couche n'absorbe que la lumière qui est inutile aux deux autres couches. Je ne vois pas pourquoi la sensibilité en prendrait un coup. Pouvez-vous préciser si ce sont des paroles en l'air ou si vous vous appuyez sur des arguments techniques précis non cités dans cette critique?
 
De plus, le fait d'affirmer "avec ses 4,6 mégapixels (trois fois 4,6 millions de photosites), le SD14 est à la traîne. Malgré son avantage très net en résolution effective, ses photos ont plus la précision d'un bon 8 Mpx que des 12 Mpx qui sont en train de devenir le standard des reflex experts." me semble aussi rapide. Etant donné que l'image rendue par un 12Mpx résulte d'un calcul d'interpolation sur des groupements de 4 pixels, donnerait une résolution effective de 3Mpx pour un Foveon equivalent. Pour augmenter la résolution, on peut toujours interpoler, et la encore, une structure de type Foveon rend l'interpolation beaucoup plus aisée.
 
Ce que vous oublié aussi de dire, c'est que le dématricage est une interpolation, qui par définition est génératrice d'artefact, et ce quelque soit l'algo utilisé: il y a perte d'information, tous les algo de la Terre ne pourront jamais recréer l'information perdue, mais ne peuvent que la remplacer par une information plausible et donc souvent erronée.
 
Je trouve cette critique étrangement simpliste de la part d'un site aussi spécialisé que le votre. Encore une fois, inscrire le SD14 dans votre face-à-face trancherait.


Message édité par denrage2003 le 25-05-2008 à 09:47:19
n°30061
herisson26
Troll des collines
Profil : Travailleur LesNums
Posté le 25-05-2008 à 13:48:24  profilanswer
 

Bonjour,
 
nous n'avons pas testé nous-mêmes le SD14, ni le DP1 (ça viendra peut-être, mais rien ne peut être garanti à l'heure actuelle).
 
Cependant, les tests publiés notamment dans la presse papier sont assez cohérents : à 800 iso, le bruit est bien visible, ce qui n'est pas mieux que la moyenne des reflex et même pas dramatiquement mieux qu'un Super CCD 2/3".
Je pense, mais ce n'est que mon interprétation, que la structure du Foveon est un problème, en effet : le «câblage» des couches rouge et verte doit bien passer quelque part, et je pense que c'est là que le bât blesse. Ces circuits doivent en effet filtrer pas mal de lumière ; c'est la seule explication que je vois au fait que le Foveon ne soit pas largement meilleur que les autres, malgré un pas de photosites plus élevé (de l'ordre de 7,5 µm, contre souvent moins de 6 µm sur les reflex). Il tente de répliquer la structure du film mais, en pratique, je pense que la circuiterie pose des problèmes -- et je ne serais qu'à moitié étonné qu'elle ait également été à la source de certains problèmes du DP1 : trois couches de photosites doivent, ne serait-ce que par effet Joule, chauffer plus qu'une.
 

Citation :

Etant donné que l'image rendue par un 12Mpx résulte d'un calcul d'interpolation sur des groupements de 4 pixels, donnerait une résolution effective de 3Mpx pour un Foveon equivalent.


 
Le dématriçage n'est pas strictement analogue à une interpolation. Il ne concerne que deux couleurs par pixel : la troisième est bel et bien captée par le photosite concerné. Il est donc possible de détecter des limites et de modifier la création des deux couleurs manquantes. C'est dans ce domaine que les algorithmes modernes de dématriçage ont énormément évolué. L'exemple typique est la mire de résolution : il y a quatre ou cinq ans, ce test était sans pitié pour les capteurs à matrice, faisant systématiquement apparaître du moiré coloré à proximité de la résolution du capteur. Aujourd'hui, les algorithmes arrivent presque systématiquement à éliminer le moiré.
 
La définition réelle du Foveon est nettement supérieure, à résolution égale, à celle d'un capteur à matrice, notamment du fait de la suppression du filtre passe-bas permise par l'absence de dématriçage. La finesse capturée le met grosso modo au niveau d'un 10 Mpx, ce qui est une performance remarquable et montre les limites du dématriçage, mais loin du rapport x4 que vous évoquez.
Et si le SD9, avec ses 3 Mpx, dominait assez nettement les stars du moment (EOS D60 et Nikon D100, équipés de capteurs 6 Mpx), le SD14 et le DP1, avec leurs 4,7 Mpx, sont effectivement rattrapés par les 10-12 Mpx désormais courants.
 
Bien sûr, il y a une perte d'information dans le système de la matrice de Bayer. Mais actuellement, elle compense en capturant plus d'informations à la base.


---------------
Pentax K10D - Tamron 70-300 - Sigma 17-70 - Pentax A 50 f/1,7 - Sigma EF 530 DG Super
n°30068
denrage200​3
Posté le 25-05-2008 à 18:09:56  profilanswer
 

Merci pour cette réponse claire.
 
De maniere générale, j'ai trouvé les critiques de la presse anormalement sévères. Et je m'étonnais simplement que vous repreniez ces critiques sans les vérifier.
 
Il est vrai que j'exagèrais un peu avec mon rapport 4. Certes le dématricage n'est pas une interpolation stricto sensu, mais elle se base sur la même philosophie pour calculer la couleur d'un unique point: elle recrée de l'information par le calcul. Je note au passage que le SD14 à gagné 2Mpx par rapport à l'article précédent :)
 
Je suis donc globalement d'accord avec votre argumentaire, même si la batterie de tests que vous pratiquez dans le face à face serait encore plus convainquant. J'émets juste un doute sur le fait qu'un capteur Bayer capture plus d'informations à la base. Pour moi un 12Mpx Bayer capture une image verte de 6Mpx, une bleue de 3Mpx et une rouge de 3Mpx. Les trois images sont strictement différentes, elles ne représentent pas la même chose. Dans le cas du SD14, on a 3 images de 4.7Mpx qui représentent exactement la même scène. Dans le cas Bayer on a effectivement une image verte plus grande, mais elle est verte. Apres les algo ne font que rendre la photo plausible, mais pas exacte.
 
Personellement, même si la technologie Fovéon n'est pas encore totalement au point, elle m'apparait comme une solution d'avenir. D'ailleurs on pourrait imaginer un mix de Bayer et Foveon en utilisant un Bayer sur 2 couches pourquoi pas (mince pour ceux qui voulait déposer le brevet :) ).  
 
Concernant la sensibilité, personnellement, je ne vois pas l'intéret de monter à 800ISO (d'ailleurs même 400ISO). Même en argentique c'est pas terrible. Mieux vaut avoir un bon objectif avec grande ouverture et rester à 100ISO. L'amplification électronique n'est jamais bonne c'est mon avis, un mauvais ampli peut également être la cause de la mauvaise sensibilité du SD14. En complément d'un test de sensibilité, je pense qu'un test qui mette en évidence la limite de diffraction serait un plus. Qu'en pensez vous?
 
En tous les cas, merci pour votre site et votre forum très pointu.

Message cité 1 fois
Message édité par denrage2003 le 25-05-2008 à 18:15:57
n°30073
chrisfer
Profil : Modérateur
Posté le 25-05-2008 à 19:26:38  profilanswer
 

denrage2003 a écrit :

Concernant la sensibilité, personnellement, je ne vois pas l'intéret de monter à 800ISO (d'ailleurs même 400ISO). Même en argentique c'est pas terrible. Mieux vaut avoir un bon objectif avec grande ouverture et rester à 100ISO. L'amplification électronique n'est jamais bonne c'est mon avis, un mauvais ampli peut également être la cause de la mauvaise sensibilité du SD14. En complément d'un test de sensibilité, je pense qu'un test qui mette en évidence la limite de diffraction serait un plus. Qu'en pensez vous?
 
En tous les cas, merci pour votre site et votre forum très pointu.

Avec les capteurs APS Bayer on peut travailler à 400 iso avec (pratiquement) aucune perte, pourquoi s'en priver ?
Avec une optique en dessous de f/2 je n'ai pas de scrupule non plus s'il le faut a descendre à 800 ou 1600iso, le piqué étant déjà bien altéré à ces ouvertures, sans parler de la profondeur de champ qui, à faible distance, peut devenir critique (difficile en macro de travailler à moins de 800iso).
 
Quand à la diffraction en APS pour l'instant c'est l'optique qui la limite encore, même avec les derniers 14Mpixels elle diminue le piqué (contraste et micro-contrastes) à plus ou moins f/16, selon l'optique.  
Mais on est vraiment pas loin, car sur le système 4/3 elle est déjà prépondérante sur l'optique.
Voir ce fil : http://www.legrandforum.com/avis/A [...] htm#t28913


Message édité par chrisfer le 25-05-2008 à 19:34:44

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