3e jour
Réactivité et Raw
Après quelques détours par le métro parisien, un sujet inépuisable, mais délicat et difficile à saisir, ne serait-ce que pour la mauvaise qualité de son éclairage (néon, sources tungstènes, faible éclairement général etc etc.). À l’usage, le DP1 fonctionne comme prévu. Simple, efficace. Sauf bien sûr cette saleté de mise au point qui gèle l’écran ACL et qui empêche toute adaptation in extremis du cadrage. Et le format de fichier, au fait ? ah oui, du RAW. Le fameux “brut de CCD”, enfin, brut de Fovéon, plutôt. De quoi “développer” son “négatif” numérique via le logiciel Sigma Photo Pro tranquillement installé devant son ordinateur. Seul souci du RAW, son temps de traitement (aujourd’hui, la place n’est plus un problème, pas quand on trouve des cartes 2 Go de qualité à moins de 20 €), et c’est notamment sur ce point que le “professionnel” doit se distinguer du “grand public”. De ce côté, le DP1 s’en sort plutôt bien. Quelques secondes (on n’a pas encore chronométré) sont nécessaires avant que l’image soit dûment enregistrée, mais l’appareil reste utilisable pendant ce temps-là (ce qui n’était pas le cas du Ricoh GRD, un concurrent direct). Il est même possible d’enchaîner plusieurs photos. Pour l’instant, sans pousser la cadence au-delà de quelques images par minutes, le DP1 n’a pas flanché. Parfait. Reste à voir ce que ça donnera en cas de photos plus “serrées”, dans une manifestation, par exemple. Et c’est prévu. Côté images, après téléchargement sur disque dur, développement minimaliste sur Sigma Photo Pro, exportation au format JPEG en taille simple (la taille “double”, c’est pour plus tard) et affichage sous photoshop, c’est très propre. Le bruit inhérent aux 400 ISO des compacts à petit capteur n’est pas nécessairement moins présent, mais il semble mieux maîtrisé, mieux géré, presque joli, bref, en un seul mot, utilisable. Et là, nous poussons un grand soupir de soulagement. Un compact qui délivre de bonnes images à 400 ISO, c’est déjà beaucoup pour un photographe pro en attente du bloc-note idéal. Et si c’est bon pour lui, c’est bon pour les autres. Les lecteurs tatillons râleront en signalant que quantité d’autres compacts (au capteur plus petit, pour une résolution supérieure et un prix moins important) font mieux à 800 ISO que le DP1 à 400. Peut-être, mais la qualité optique, la qualité du capteur et la qualité du post-traitement (car il y en a) font le reste. On obtient une image piquée, propre, bien fichue. De fait, le bruit... Eh bien il ressemble à du grain argentique (presque). Après tout, on y est habitué.
Proche de l’ambiance qu’on retrouve dans le métro, le parking est également un terrain difficile. Néons, noirceur générale, de quoi s’inquiéter. Le DP1 s’en sort très bien. Colorimétrie impeccable, comportement irréprochable. Notez que cette image (comme la précédente) a été prise au 1/8ème. Vous constaterez que c’est net. Moralité, la prise en main du très carré DP1 est remarquable. Avec un peu d’habitude et une position bien stable, le photographe peut donc opérer dans des conditions médiocres jusqu’au 1/8ème. Au 1/4 de seconde, par contre, c’est flou. Voilà donc la limite. Mais 1/8ème à f:4 et à 400 ISO, ça ouvre quand même pas mal de perspectives. Bref, le flash risque de ne pas trop nous servir et c’est tant mieux... Cette image est en l’état, hormis un léger recadrage pour la redresser.